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Mon installation est-elle réellement maîtrisée ? Les 5 points à vérifier.
Une piscine peut fonctionner tous les jours, produire une eau visuellement claire et pourtant présenter des fragilités dans son organisation.
Pourquoi ? Parce que la maîtrise d'une installation ne repose pas uniquement sur les résultats d'analyses de l'eau. Elle repose sur un ensemble de pratiques qui doivent fonctionner ensemble et dans la durée : conception, maintenance, gestion des produits, compétences des équipes et procédures internes.
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La qualité sanitaire d'une piscine commence bien avant l'arrivée du premier baigneur.
Elle dépend notamment de la conception et du fonctionnement des différents équipements :
alimentation en eau ; circulation et renouvellement de l'eau ;
filtration, traitement et désinfection ;
conception des sols, pédiluves et évacuation des eaux de lavage ;
ventilation, notamment dans les établissements couverts ;
équipements et matériaux utilisés.
Une installation conçue ou modifiée sans prendre suffisamment en compte les exigences sanitaires peut rendre l'exploitation beaucoup plus difficile. Et lorsqu'un problème apparaît, il n'est pas toujours possible de le corriger immédiatement ou sans l’intervention d’un prestataire.
Certains dysfonctionnements peuvent être liés à un défaut de conception. Il est donc primordial que vos installations soient bien conçues.
C'est particulièrement important lors d'une rénovation, d'une modification du traitement ou du remplacement d'un équipement.
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Une installation de traitement d'eau ne peut pas être considérée comme maîtrisée simplement parce qu'elle fonctionne. Elle doit être entretenue, vérifiée et suivie : filtration, pompes, sondes, injecteurs, dispositifs de régulation, équipements de traitement...
Chaque élément peut contribuer à une dérive de la qualité de l'eau lorsqu'il fonctionne mal ou n'est pas correctement entretenu : une sonde mal entretenue peut transmettre une information erronée ; un équipement de dosage (pompe d’injection, injecteur) peut présenter un dysfonctionnement ; un filtre insuffisamment entretenu peut perdre en efficacité, une pompe mal dimensionnée peut entraîner une dérive de la qualité de l’eau.
La maintenance ne doit pas être déclenchée lorsque quelque chose tombe en panne.
Une bonne maintenance est avant tout préventive.
Elle permet de prévenir tout dysfonctionnement des installations pouvant engendrer un problème sanitaire et dans le pire des cas l’arrêt de l’exploitation.
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Cela peut sembler secondaire, pourtant, la gestion des stocks participe directement à la sécurité de l'exploitation.
Il faut notamment savoir :
quels produits sont présents ;
en quelle quantité ;
quelles sont leurs conditions de stockage ;
quelles sont leurs dates de péremption ou de durabilité lorsqu'elles sont applicables ;
qui peut les manipuler ;
comment éviter les erreurs de produit ;
que faire lorsqu'un produit arrive en fin de stock.
Une rupture de produit de traitement peut rapidement devenir problématique, mais le surstockage peut également générer des risques, notamment lorsque plusieurs produits chimiques sont présents dans un même local.
La gestion des stocks doit donc être pensée comme une véritable activité de prévention des risques.
Et elle concerne également les produits biocides pour lesquels une certification doit être détenue par le responsable d’établissement ou son personnel.
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Le traitement d'une piscine repose fréquemment sur l'utilisation de produits biocides (notamment le chlore).
Mais utiliser un produit désinfectant ne signifie pas automatiquement que toutes les règles liées à son utilisation sont maîtrisées.
L'exploitant doit s'assurer que les produits utilisés sont adaptés à l'usage prévu et que les personnes chargées de leur utilisation disposent des compétences et, lorsque la réglementation l'exige, des certifications nécessaires.
La question de la certification biocide mérite donc d'être intégrée dans l'organisation de l'établissement.
Qui utilise les produits ?
Qui est responsable de leur réception ?
Qui vérifie leur stockage ?
Qui intervient en cas de problème ?
Qui connaît les consignes de sécurité ?
Ces questions peuvent paraître évidentes, mais dans la réalité, elles doivent être suffisamment claires pour qu'une organisation reste opérationnelle même en cas d'absence ou de changement de personnel.
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Dernier point, et probablement l'un des plus importants :
Saviez-vous que vous devez établir 3 procédures internes obligatoires ?
Procédure de nettoyage et de désinfection des surfaces
🤔❓ Disposez-vous d’une procédure pour le nettoyage des sols, des murs, des faïences, de la plage, des parois et du fond de bassin, du bac tampon…? Sous quelle fréquence ? Avec quels produits ? Par quel personnel ? Selon quel mode opératoire ? Etc.
Procédure de surveillance et d’auto contrôle de la qualité de votre eau
🤔❓ Disposez-vous d’une procédure définissant le rôle de chacun en matière d’auto surveillance ? Qui contrôle ? Sous quelle fréquence ? Comment faut-il faire ? Qui consigne dans le carnet sanitaire ? Quels paramètres et quels opérations de maintenance faut-il consigner ?
Procédure de gestion des anomalies et des situations exceptionnelles
🤔❓ Que faites-vous si un résultat d'analyse présente une dérive, une pompe tombe en panne, le système de dosage dysfonctionne, un produit arrive à épuisement, votre eau change de couleur, une sonde semble présenter une anomalie, un incident survient dans le bassin (déjection, vomissure) ? Qui intervient ? Pour quel type d’anomalie ou d’évènement indésirable ? Comment vérifier que la situation est revenue à la normale ?
L'objectif est de disposer de procédures simples, connues du personnel et réellement applicables (adaptées à l’établissement).
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Alors, votre installation est-elle réellement maîtrisée ? Avant de répondre « oui », posez-vous simplement ces quelques questions :
☐ Les caractéristiques de mon installation sont-elles bien connues et documentées ?
☐ Les équipements essentiels font-ils l'objet d'une maintenance préventive ?
☐ Les sondes et dispositifs de régulation sont-ils régulièrement vérifiés ?
☐ Mes produits de traitement sont-ils correctement stockés et suivis ?
☐ Les personnes qui utilisent les biocides disposent-elles des compétences et certifications nécessaires ?
☐ Mes procédures sont-elles réellement connues des équipes ?
☐ Sait-on quoi faire lorsqu'une dérive apparaît ?
☐ Les actions réalisées sont-elles tracées ?
Si vous avez tout coché, bravo ! Sinon, si plusieurs réponses sont hésitantes, cela ne signifie pas nécessairement que votre installation n’est pas conforme, cela signifie seulement qu'il existe des points de maîtrise à renforcer.
Et c'est précisément l'intérêt d'une démarche de surveillance et de prévention : identifier les fragilités avant qu'elles ne deviennent des problèmes.
👉🏻 Une installation maîtrisée n'est pas une installation dans laquelle il ne se passe rien, bien au contraire.
Vrai ou faux : “Le chlore est bon donc l’eau est bonne”
C'est une conclusion fréquente dans l'exploitation d'une piscine. Pourtant, cette affirmation mérite d'être nuancée.
Le chlore joue un rôle essentiel dans la désinfection de l'eau. Mais une concentration correcte de chlore ne garantit pas, à elle seule, que l'ensemble du système de traitement fonctionne correctement.
Pourquoi ? Parce que la qualité de l'eau dépend de plusieurs facteurs qui agissent simultanément :
la désinfection, la filtration, le renouvellement de l'eau, la fréquentation du bassin, les caractéristiques de l'installation et la maîtrise des sous-produits de désinfection.
Une eau peut donc présenter une concentration satisfaisante en chlore tout en révélant, par ailleurs, des signes de déséquilibre.
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Le renouvellement d'une partie de l'eau du bassin n'a pas pour seule fonction de compenser les pertes liées à l'exploitation.
Il participe également à la dilution et à l'évacuation de substances qui s'accumulent dans l'eau au fil du temps.
Les baigneurs apportent notamment de la sueur, de l'urine, des produits cosmétiques, des cellules cutanées et d'autres matières organiques et azotées. Une partie de ces substances peut contribuer à la formation de sous-produits lorsqu'elles réagissent avec le chlore.
Imaginez alors un bassin dans lequel :
le chlore est correctement maintenu ;
le pH est correctement réglé ;
mais l'apport d'eau neuve est insuffisant.
La désinfection continue à fonctionner, mais certaines substances indésirables peuvent progressivement s'accumuler.
L'eau peut alors conserver un aspect parfaitement satisfaisant tout en présentant une qualité chimique moins maîtrisée.
C'est pourquoi le renouvellement d'eau doit être considéré comme un véritable élément du traitement, et non comme une simple opération de gestion des volumes.
Pour info, la règlementation impose un renouvellement de l’eau de l’ordre de 30L / baigneur / jour, au minimum.
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La filtration constitue un maillon essentiel du traitement de l'eau.
Son rôle est notamment de retirer une partie des matières en suspension et des particules présentes dans l'eau.
Une filtration insuffisante, mal réglée ou mal entretenue peut donc laisser davantage de matière organique ou résidus dans le circuit.
L'Anses rappelle ainsi que l'eau des piscines doit être filtrée, désinfectée et désinfectante en permanence et souligne le rôle déterminant de la filtration dans le traitement de l'eau.
Le piège est ici encore le même : un bassin peut présenter une concentration satisfaisante en chlore mais une filtration inefficace.
Le chlore ne remplace pas la filtration. De la même manière, la filtration ne remplace pas la désinfection. Ces deux étapes sont complémentaires.
Un problème de filtration peut notamment être suspecté si :
la turbidité est inhabituelle ;
l’eau semble moins limpide ;
vous constatez une accumulation de matières dans certaines zones ;
vous rencontrez des difficultés persistantes à maintenir une bonne qualité malgré un traitement chimique correctement réglé ;
vos besoins en désinfectant sont anormalement importants.
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On pourrait penser qu'un excès de chlore est préférable à une insuffisance. Après tout, le chlore sert à désinfecter, mieux vaut plus que pas assez. Pourtant, plus de chlore ne signifie pas automatiquement meilleure qualité d'eau.
Le chlore est un oxydant réactif. Lorsqu'il rencontre les substances apportées dans le bassin par les baigneurs, il peut participer à la formation de nombreux sous-produits de désinfection.
Un surdosage peut donc entraîner une surproduction de ces sous-produits qui peuvent être problématiques à plusieurs niveaux :
irritation des yeux ;
irritation des voies respiratoires ;
rougeurs cutanées ;
gestion plus difficile du rééquilibrage de l'eau.
Toutefois, le surdosage n’est pas nécessairement le seul fautif.
La formation des sous-produits dépend de nombreux paramètres : quantité et nature des matières organiques apportées, température de l’eau, insuffisance de renouvellement de l'eau, fréquentation, fonctionnement du traitement, etc.
L'enjeu est donc de maintenir une désinfection efficace et maîtrisée, dans les conditions adaptées à l'installation.
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Une forte fréquentation constitue un véritable changement de charge pour l'installation.
Chaque baigneur apporte une quantité supplémentaire de matières organiques, dans le bassin. Les baigneurs sont d’ailleurs la principale source de contaminants retrouvés dans les piscines (hors cas particuliers comme certains bassins alimentés par l'eau de mer).
Imaginons une piscine habituellement fréquentée à un niveau modéré. Un groupe important arrive soudainement.
Que se passe-t-il ? La quantité de matières à éliminer augmente. La demande vis-à-vis du système de traitement augmente également.
Le résultat peut être une altération rapide de certains paramètres, même si le système de régulation continue à afficher une concentration correcte en chlore.
C'est notamment pourquoi la fréquentation du bassin doit être mise en relation avec le fonctionnement du traitement.
Une installation peut être parfaitement adaptée à son fonctionnement habituel et devenir beaucoup plus difficile à maîtriser lors d'une période de forte affluence.
Le sujet est donc de savoir si tout est mis en œuvre pour absorber cette charge supplémentaire et retrouver rapidement une situation maîtrisée.
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C'est probablement le point le plus contre-intuitif.
Le chlore est indispensable à la désinfection. Mais en réagissant avec l’eau et la matière organique il conduit à la formation de nombreux sous-produits de désinfection. Parmi eux figurent notamment les chloramines et les trihalométhanes (THM).
Les chloramines
Les chloramines résultent notamment des réactions entre le chlore et les matières organiques apportées par les baigneurs.
On distingue plusieurs formes de chloramines, dont la trichloramine, particulièrement volatile, pouvant passer de l'eau vers l'air des halls de piscines couvertes.
Elle est connue pour son caractère irritant pour les yeux et les voies respiratoires ; l'INRS la considère notamment comme un risque professionnel pour les personnels exposés.
La trichloramine est très caractéristique de “ l’odeur de chlore ” plus ou moins forte selon les établissements, jours de fréquentation…
Cette odeur n'est pas nécessairement le signe d'une eau « très chlorée », mais elle peut traduire, au contraire, la présence de produits issus des réactions du chlore avec les substances apportées par les baigneurs.
Les THM : d'autres sous-produits à surveiller
Les trihalométhanes, ou THM, constituent une autre famille importante de sous-produits de désinfection.
Ils peuvent se former lors des réactions du chlore avec la matière organique présente dans l'eau. Parmi les THM rencontrés dans les eaux de piscine figurent notamment le chloroforme, le bromoforme, le bromodichlorométhane et le dibromochlorométhane.
Leur formation dépend, là encore, de plusieurs facteurs.
Réduire les précurseurs, maîtriser la fréquentation, assurer un renouvellement d'eau approprié, maintenir une filtration efficace et maîtriser le fonctionnement du traitement participent tous à la qualité globale de l'eau.
Comment lutter contre ?
Certains établissements mettent en place ce qu’on appelle un “déchloraminateur”. Cet engin, dopé aux rayons UV décompose efficacement la chloramine. Cela ne signifie pas pour autant que les molécules disparaissent. Elles se divisent. Ce système est d’ailleurs assez peu efficace contre les THM, pire, il en crée.
La meilleure option reste à sensibiliser les baigneurs pour la prise de douche savonnée et le respect de règles d’hygiène simples avant immersion dans le bassin.
Les baigneurs étant la principale source de contamination de l’eau de piscine, le mieux est donc de traiter le problème à la source. La douche savonnée avant immersion reste aujourd’hui la méthode la plus efficace pour limiter les apports en matière organique.